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e) L’âge monoparental

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Pour apprécier la monoparentalité, l’homme moderne se doit d’abord de la détester !

Hourraaaaaaa!

Misère…!

L’homme moderne est sorti de la caverne !

Un monde de possibilités (impossibles) s’offre à lui !

L’échec du mariage le met à nouveau au monde.

Un monde cruel toutefois, un monde sans pitié, anarchique, chaotique où le charme et la séduction se révèlent d’une parfaite incompatibilité avec les responsabilités parentales.

L’homme moderne, seul, doit complètement se redéfinir !

Si par moment, il croit avoir brisé ses chaines, force est de constater que cette subite mutation génétique, ne lui procure aucunement des ailes !

L’homme moderne retrouve ainsi sa couronne, du moins pendant la (moitié) de son temps ! Il (re)devient maître de lui-même et de son petit royaume, un peu comme il l’était avant l’ère matrimoniale. Désormais, il écoute ce qu’il veut, boit ce qu’il veut, pète quand il veut, sort et laisse même le rangement devenir une étrange suggestion. L’homme moderne n’a plus à accumuler et compter ses « air lousses ». Sans la femme, il constate et apprécie toute sa moitié de liberté alors même… que le diable en personne, sournoisement, se marre en le regardant sourire de sa nouvelle vie !

Entendons-nous!

Tous les hommes rêvent d’être maître de leur temps, d’ajuster soi-même ses horloges et cadrans, voire même de « snoozer » sa sagesse acquise dans la sédentarité matrimoniale. Et donc, au levant de la monoparentalité, l’homme moderne ne peut qu’envisager la grandeur et la profondeur des contrées célibataires qui s’offrent à lui, par dessus des ruines de son ancienne caverne.

En bon joueur, l’homme savoure son jeu. Il possède toutes les cartes (sauf la reine) ! Celles-là mêmes qu’il a accumulées et perfectionnées des années durant son mariage. Sa main est bonne ! : L’art de la cuisine, une relative connaissance de la gestion ménagère, l’autorité de l’image (ou l’image de l’autorité devrais-je dire), l’organisation du temps et même la base nécessaire pour le suivi scolaire ! En somme, il a tout ce qu’il faut pour remporter la mise !

Presque, car il a tout, tout sauf l’essentiel ! Cette chose qu’il a peut-être omis d’apprécier à sa juste valeur pendant son ancienne vie ! «Enter» l’étrange concept de la coopération. C’est que dans tout ce qui fonctionnait jadis, il y avait toujours un parfum de coopération ! Vous voyez ce que je veux dire ? En gros, dans la mathématique familiale, 1 + 1 = 1 (pour une famille). Et dans le 1, il y a 2, à deux, tout ce fait tellement mieux.

Le calcul monoparental est nécessairement plus brut : 1-1 peut parfois équivaloir à un gros zéro (du moins c’est le cas parfois pour l’homme moderne). Rapidement, l’homo monoparentalis découvre les difficultés de répondre aux questions qu’il esquivait jadis. Aussi, ce qu’il se demande tout haut, reste souvent là-haut, en suspend… Pendant que les questions des enfants, elles, se heurtent généralement à l’absence de « mamannnnn ».

Dès lors, quand le soleil atteint son midi, que tout devient clair, le paradis imaginaire de cette nouvelle vie prend des airs de désert infranchissable, incalculable et indéchiffrable.

La quête amoureuse sonne inconsciemment en « au secours » ! Et à notre âge, en nos temps, aucune femme ne se laisse plus berner par la naïveté de l’homme voulant se (re)conjuguer.

Fallait y penser avant ! Avoir et être sont deux verbes dichotomiques à l’époque post-matrimoniale !
Un homme qui tient ses enfants par la main, c’est bien « cute », mais c’est tout !

La quête amoureuse suspendue à la corde à linge, c’est à la maison que ça se corse. Les couleurs se mêlent, le blanc devient rose, les bas se dépareillent, les leçons s’éternisent alors que le « Wacdonald », jadis évité par éthique, devient une escapade qui se mange plus qu’occasionnellement à la sauce aigre-douce.

Et le diable qui rit le midi de l’homme moderne. C’est que toute liberté à un prix ! En réalité, l’homme moderne n’a pas tout à fait les moyens de sa liberté. Ne suffit qu’une fin de mois pour que dans la boîte aux lettres de son existence, l’homme moderne recueille son état de compte monoparental… Et là, en toute sincérité, il découvre avec horreur qu’au bout de l’océan de ses espérances de vie, le Nouveau Monde fait quelque peu défaut! Non, la terre n’est pas parfaitement ronde! Au bout du fleuve du mariage, c’est souvent une chute temporaire. Une fois tombés, nous apprenons à nous relever, nous redéfinir et revivre.

Une nouvelle vie commence, celle de la monoparentalité. Être père aujourd’hui c’est une lourde tâche (comme être mère hein). Être père tout seul, ça tire un tantinet vers le fond de la boîte à céréale. Et le cadeau au fond de la boîte là, tu ne sais jamais ce qu’il sera avant d’en avoir mangé les trois quarts (ça tombe bien j’avais oublié de dégeler de quoi pour le souper) !

Bienvenue dans le monde de Moderne ! Quand tu t’échoues sur les rives du continent de la monoparentalité, la seule chose que tu peux faire c’est réapprendre à vivre la parentalité.

Olivier – Papaaaa ! Papaaaa ?

Alex – PapÀaa ?

Olivier – Papaaaaa!!! Réveille-toi !

Moderne – Hein quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? Yé quelle heure ? HEINNN ?? 8h15 !!! Oliiiiii, merde, t’aurais dû me réveiller avant ! Mausus ! Tu vas être en retard à l’école !! Avez-vous déjeuné ?

Olivier – (Nuage)…

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Les chroniques d'un homme moderne