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Mise en plis

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16février 2016
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Je plie, tu plies, il déplie…

À force de passer et repasser devant les sept paniers de linge à plier, la culpabilité a tôt fait de s’installer. Il est vrai que ce n’est pas la corvée que j’entreprends le plus souvent. Hélas, je ne suis pas le plieur de vos rêves…

Toutefois, ayant le cœur gros comme Jupiter je ne peux que me résigner à entreprendre cette corvée de bon cœur (m’enfin, le bon cœur, là… c’est surtout pour bien paraître !).

Je n’ai pas commencé que déjà une réflexion m’envahit… Comment en arrive-t-on, en une semaine, à en avoir autant à plier ? Non, sérieux… sept paniers qui débordent pour quatre personnes !!! Ils faisaient quoi les gens en 1900 ? Moi je suis sûr qu’ils ne se salissaient pas sinon les ménagères devaient toutes avoir des carrures est-allemandes étant donné l’aspect manuel des machines à laver qu’elles possédaient et la quantité incommensurable de rejetons qu’elles avaient !

Commencer à plier le tout. Naturellement en se demandant par quel panier débuter ? Celui des enfants ? Ils passeront toujours en premier… Alors, allons-y, sauf qu’à peine les mains dans le panier et je me vois déjà tout plein d’interrogations : « Qu’est-ce qui appartient à qui ? ». C’est que le grand de six ans n’est finalement pas si grand que ça… Et que le petit, bien, il a malheureusement hérité de l’essentiel des vêtements que le grand a porté. Dès lors, les souvenirs mêlent la donne et je dois, une fois sur deux me résoudre à vérifier l’étiquette pour être bien certain que je divise le tout correctement ! Et puis les bas eux ? Ils n’ont pas d’étiquettes ! Hummm pas full évident ! Pragmatique que je suis, je commence par me chercher une surface plate où je pourrai étaler ce qui me semble être le magasin Simmons au grand complet. Un lit ferait bien l’affaire, mais à défaut d’en avoir un véritable au sous-sol (parce que je n’ai que le divan qui trop souvent fait office de débarras), je me résigne à utiliser le plancher. Et c’est un départ…

Bon… est-ce que c’est moi le problème là ou le linge d’enfant ce n’est simplement pas jojo à plier ?! C’est que c’est tellement petit qu’on dirait que ce n’est pas assez grand pour être plié. Une visite à la commode du plus petit afin de voir comment « l’autre quart de famille » a plié ces petits bouts de vêtements. Résoudre l’énigme… c’est définitivement moi le problème. Dès lors, je m’applique un peu plus sur ma grande surface à faire des piles de linge qui se déplient toutes seules. Et puis merde… Je me rends compte que de prendre le plancher comme surface de travail quand tu as un chat, c’est disons, comment dirais-je… pas ce qu’il y a de plus hygiénique. Furtif, je continue comme si de rien n’était. Ce chat, de toute façon, il se couche partout. Il est donc parfaitement vraisemblable qu’il se soit couché dans les paniers ce qui expliquerait tout aussi parfaitement les poils trois couleurs qui s’accrochent à tous les vêtements !

Le linge, moi, je trouve que ça se plie devant la télé (qu’est ce que j’en sais ?). Alors bien assis par terre, je me démarre un de ces épisodes de Californication qui m’absorbe et me fait réaliser que ma vie manque sérieusement de piquant… en tout cas en ce moment précis ! Toutefois, un homme sera toujours un homme et même le plus rose des hommes n’aura jamais cette capacité multi-task si propre à elles, les femmes… Le second épisode commence déjà et le linge d’enfant n’est toujours pas plié…

À la mi-saison de Californication, j’arrive finalement aux paniers de son linge à « elle ». Oufff ! Là je vais avoir besoin d’aide. Je veux dire, le linge d’homme, tsé, c’est « drette » pis ça se tient tout seul. Mais le linge de femme !!! Ouf… Ça a plein de petits « boutes » partout, des « tigidis » et des froufrous, pis en plus c’est fragile cette « guenille » là et tu voudrais le plier bien, bien droit ?!? On dirait que ce n’est même pas fait pour être plié ! Découragé, je me dis, sans trop d’espoir, qu’Internet pourrait être la solution. À peine l’idée absorbée par mon esprit que j’en suis gêné ! You Tube ? Noooooon… Je ne vais tout de même pas commencer à me taper des vidéos sur You Tube à propos du linge à plier. Et que dire de ma surprise en constatant justement qu’il y en a des dizaines de ces vidéos… Wow ! L’Internet c’est vraiment « Le » fourre-tout par excellence, mais juste un exemple fera l’affaire :

1 : « Boutonnez entièrement la chemise ».

Moderne — Bon, ça n’est pas une chemise, mais on va faire semblant.

2 : « Posez la chemise à plat, face contre terre et entièrement dépliée. Lissez du plat de la main les faux-plis ».

Moderne — Woooooo ! Lissez du plat de la main les faux-plis ? Attendez, je vais y aller mot par mot. Lissez. Lissez ? Du plat de la main (ok ça je comprends). Les faux-plis ? Mais, c’est quoi là, des plis il y en a des vrais et des faux ?

3 : « Attrapez un magazine et placez-le sur la chemise, sous la ligne inférieure du col, c’est-à-dire exactement au milieu de la largeur de la chemise ».

Moderne — Vraiment !?! Attrapez un magazine et placez-le sur la chemise. Attrapez un magazine ??? C’est parce que je n’ai jamais vu personne utiliser un magazine pour plier du linge ! Et si mes souvenirs sont bons, je pliais mon linge à l’armée et ce, sans magazine. Bon, passons…

4 : « Pliez le côté droit de la blouse contre la bordure droite du magazine. La manche est alors parallèle à la largeur du magazine. Repliez-la sur elle-même afin qu’elle ne dépasse pas du magazine. Faites la même chose avec le côté gauche ».

Moderne — Là là, je capote !!! Le côté droit de la blouse contre la bordure droite du magazine ? Bon, j’avoue, j’essaye. Le National Geographic fera l’affaire. Le côté droit de la blouse contre la bordure droite du magazine. Mouiiii, faites la même chose avec le côté gauche ! Ok, jusqu’ici tout va bien !

5 : « Repliez ensuite le bas de la chemise en deux aussi près que possible du magazine et une troisième fois par-dessus le magazine. Marquez bien les plis du plat de la main et dépliez le bas de la chemise pour ôter le magazine. Puis repliez le bas de la chemise dans les plis que vous venez de marquer».

Moderne — Attendez là, j’hallucine. Je relis : « A-Repliez ensuite le bas de la chemise en deux aussi près que possible du magazine ». OK, et « B- une troisième fois par-dessus le magazine ». Mouinnn. « C- Marquez bien les plis du plat de la main ». Marquez bien les plis du plat de la main ?!? Criss, un crayon-feutre ça vas-tu assez les marquer les osties de câlisse de plis ?! « D- dépliez le bas de la blouse pour ôter le magazine ». Plie, déplie. Ils me niaisent vraiment là. Finalement, « E- repliez le bas de la chemise dans les plis que vous venez de marquer ». Donc, cette partie-là… Se fait en (cinq) étapes et nécessite un magazine que tu dois attraper au vol et un crayon-feutre qui n’est pas fourni dans les explications. Pour moi là, celui qui a inventé le pliage, il est dans la même criss de famille qu’IKÉA !

Et vient le tour des strings ?!? Ehhhh, existerait-il aussi une démarche pour ça sur Internet ? Noooon, je ne vais pas me rendre là me dis-je avec un tout plein d’ego en faisant une balle dans ma main avec le tas de strings que je fourre bien au fond du panier.

Un après-midi plus tard, je savoure enfin la fin du pliage ! Je m’en vais de ce pas à l’extérieur me fumer la cigarette du siècle ne me doutant guère que la fin du monde me guette !

Tout fier de moi je rentre dans la maison pour constater, avec désarroi, qu’Alex me regarde tout sourire d’avoir défait, en cinq minutes seulement, le fruit d’un après-midi de travail !

Alex — Pa-PâpaaAaaaa ?!!

Moderne — (Nuage)…

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